Avec le développement des établissements de jeux ces dernières années et l’ouverture des jeux en ligne dont la légalisation est prévue au 1er janvier 2010, la Suisse ne cache pas ses inquiétudes. Les joueurs qui présentent des risques d’addiction sont estimés à 50 000 et les directions des maisons de jeux ne semblent pas prendre les mesures adéquates afin de prévenir et de lutter contre cette catégorie de joueurs. On estime à seulement 2% maximum le nombre de joueurs pathologiques qui sont dirigés par les casinos pour consulter des spécialistes.
Et malheureusement ces demandes ne sont pas prises à temps et interviennent seulement après plusieurs années de totale dépendance. La loi fédérale sur les jeux de hasard et les maisons de jeux (LMJ) reproche à ces établissements de ne pas assez informer les joueurs des dangers potentiels que représentent ces jeux. Toutefois, la Commission Fédérale des Maisons de Jeux (CFMJ) reconnaît qu’elles font preuve de plus de contrôles et d’assistance auprès de cette catégorie de joueurs. C’est le cas du Casino de Montreux qui a imposé à tout son personnel des formations assurées par des experts en prévention ainsi que la création de 3 postes réservés exclusivement à cet usage. Imposer aux casinos à détecter les joueurs qui présenteraient des risques d’addiction alors que leur principale motivation est de faire du chiffre est quelque peu contradictoire.
Les casinos essaient de défendre leur position en assurant qu’ils souhaitent voir leurs clients heureux de venir fréquenter leurs établissements, et qu’ils essaient de tout mettre en œuvre afin de ne pas engendrer toutes sortes d’addiction. Il serait judicieux de ne pas leur jeter la pierre en reconnaissant qu’ils ont déployé ces dernières années des efforts non négligeables et que le nombre de joueurs pathologiques n’a pas connu d’augmentation depuis 2002. La prudence est malgré tout toujours de mise…
